Les enjeux environnementaux du massif des Alpes 

Les terrains des Jeux Olympiques et Paralympiques Alpes Françaises 2030 comptent parmi les territoires les plus riches d’Europe en matière de biodiversité. Le massif alpin français est structuré autour de trois parcs nationaux emblématiques (Vanoise, Écrins et Mercantour), de parcs régionaux ainsi qu’un maillage dense d’espaces protégés relevant de Natura 2000. Il abrite une faune et une flore remarquables, 4500 espèces végétales et près de 1000 espèces protégées, et ce qui en fait un véritable laboratoire vivant. 

Le changement climatique met cette richesse biologique sous pression. Les territoires de montagne sont parmi les plus exposés, avec une hausse de 2°C de température au cours du XXème siècle qui a provoqué une remontée en altitude des espèces, la contraction des habitats froids, la fragilisation des continuités écologiques et le recul accéléré des glaciers modifiant profondément les équilibres hydrologiques. 

Le partage de la ressource en eau entre agriculture de montagne, production de neige en période hivernale, alimentation en eau potable des populations locales et saisonnières et besoins structurels liés à l’hydroélectricité, constitue un enjeu majeur accentué par sa raréfaction et la variabilité accrue des pluies. Cette concurrence entre usages intensifie les tensions hydriques et les perspectives de diminution de la ressource imposent de renforcer l’efficience dans les activités touristiques et sportives. 

Enfin les Alpes font face à un enjeu de développement équilibré des territoires de vie attractifs à l’année, en combinant aménagements et préservation de la biodiversité, notamment par le développement de logements et de systèmes de transport exemplaires à destination de toutes les populations. 

Face à ces évolutions, chaque territoire de montagne doit inventer sa propre trajectoire. 

Les sites hôtes des jeux Olympiques et Paralympiques, regroupés autour de quatre pôles (Haute-Savoie, Savoie, Briançonnais, Nice Côte d’Azur), sont représentatifs de la diversité des écosystèmes des alpes françaises, avec des communes de tailles très différentes ayant leur propres enjeux écologiques et économiques. L’organisation des jeux représente une opportunité unique pour accompagner leur transformation. 

Les engagements environnementaux déjà pris  

La candidature des Jeux Olympiques et Paralympiques des Alpes Françaises 2030 s’est articulée autour d’engagements forts visant à minimiser l’empreinte carbone et à protéger les écosystèmes alpins. Elle s’inscrit résolument dans la continuité des engagements internationaux, nationaux et régionaux en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité, ainsi que dans la stratégie de durabilité portée par le Comité international olympique.  

  • Feuille de route environnementale SGPE :

La feuille de route environnementale des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, élaborée et coordonnée par le Secrétariat Général à la Planification Ecologique, sous la supervision de la Délégation interministérielle aux Jeux Olympiques et Paralympiques (DIJOP), définira le cadre stratégique destiné à garantir la conformité de l’événement avec les engagements nationaux et régionaux en matière de transition écologique. Elle s’inscrit dans la continuité des engagements nationaux France Nation Verte (SNBC, PNACC, SNB, SNAP, etc.) et des ambitions territoriales (Plan Climat de la Région Sud, Ambition Territoire 2030 de la Région Auvergne Rhône Alpes). Elle fixe le cadre et les grands objectifs à atteindre tant sur le volet événementiel que sur le volet héritage des JOP Alpes 2030.

La feuille de route environnementale repose sur un principe central : assurer la cohérence et la complémentarité des actions menées par l’ensemble des parties prenantes, notamment l’État, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, la Solideo Alpes 2030, les collectivités régionales et départementales et les acteurs socio-économiques locaux.

Les travaux sur la feuille de route ont permis d’identifier huit enjeux clés : émissions, énergie, aménagement, écosystèmes et biodiversité, alimentation, eau, « une seule santé » et économie circulaire.

  • Stratégies Nationales et Régionales :

Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC-3) 

Stratégie Nationale Biodiversité 2030 (SNB 2030)

Schéma Interrégional du Massif des Alpes (SIMA) 

  • Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires SRADDET :     

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Auvergne-Rhône-Alpes

La stratégie environnementale s’est construite en prenant racine sur la candidature Alpes Françaises 2030 et les retours d’expérience de Paris 2024 :  

Nos ambitions

La stratégie proposée est structurée autour de 5 ambitions principales, en respect de ces principes énoncés et en cohérence avec le programme retenu.  

Cette première ambition vise à bâtir et rénover des bâtiments avec un bilan carbone de construction réduit. Ces bâtiments devront être adaptés aux changements climatiques et en capacité de répondre à l’habitabilité des logements et aux nouveaux usages de la montagne. L’attention sera accordée à la conception bioclimatique, à la performance énergétique et au déploiement des énergies renouvelables, à l’utilisation de matériaux biosourcés/géosourcés/bas carbone, à l’obtention de labélisations élevées sur des référentiels adaptés, à l’atteinte des seuils 2028 / 2031 de la Norme RE2020, à la sobriété des sols et des consommations en eau, et la réutilisation des eaux usées/pluviales. 

Les principaux ouvrages concernés par ces ambitions sont les 4 villages des athlètes.  

La seconde ambition s’inscrit dans une logique de réduction des émissions liées aux déplacements et l’émergence des alternatives à la voiture individuelle dans les déplacements de montagne. Les projets engagés visent à développer des systèmes de mobilité soutenables, utilisant des énergies décarbonées, adaptés aux contraintes géographiques, aux conditions climatiques et aux réalités socio-économiques des vallées et des stations. 

Ils contribueront à l’objectif de transporter les spectateurs sur les sites de compétition avec des solutions de transports collectifs propres, disponibles sur les applications grand public de mobilité. 

Ils seront conçus pour leur phase héritage et en cohérence avec les stratégies de mobilité locales avec la volonté de ne pas construire de nouveaux parkings qui ne s’inscriraient pas dans une logique intermodale. Ils s’attaqueront aux problématiques de la multiplication des usages (habitants, scolaires, résidents, touristes, skieurs la journée) et de la variabilité des fréquentations (horaire, saisonnière), avec la mobilisation de solutions innovantes. 

3 ouvrages porteront particulièrement cette ambition : 

  • La Ligne Olympique Réservée (LOR) pour un bus à haut niveau de service (BHNS) à Briançon  
  • L’ascenseur Valléen réliant la Gare Aime-la-Plagne au centre de la station La Plagne  
  • L’ascenseur valléen Bozel reliant Bozel à la station de Courchevel  

La troisième ambition concerne les infrastructures sportives, prévues pour les épreuves Olympiques et Paralympiques. L’enjeu est d’atteindre les meilleurs standards environnementaux internationaux pour ces équipements, en termes d’émissions carbone, de sobriété énergétique, d’artificialisation restreinte et de consommation en eau. 

Deux ouvrages sportifs porteront particulièrement cette ambition : 

  • La patinoire de Nice, seul ouvrage sportif neuf, sera un exemple d’équipement bas carbone : enveloppe architecturale performante, emploi de matériaux bas carbone, production de glace moins énergivore, recours aux énergies renouvelables solaires et géothermies. 
  • La rénovation de la piste de bobsleigh poursuit la même logique, avec l’intégration d’un système de production de la glace avec recours au CO₂, le raccordement d’une station de petite hydroélectricité, la recherche d’innovation. 

Le défi qui s’impose à la Solideo Alpes 2030 est de concilier politique d’aménagement et préservation des ressources dans un contexte de forte pression liée au changement climatique. 

Biodiversité : Les démarches ERC (Eviter, Réduire et Compenser) de réduction des impacts environnementaux seront conduites sur tous les ouvrages. Elles concerneront notamment des mesures comme la minimisation de l’artificialisation des sols, des surfaces de déboisement, la préservation des habitats sensibles, le respect des continuités écologiques, l’utilisation d’éclairages respectueux de la faune, la définition d’un seuil de bruit avec la mise en place de capteurs. 

L’objectif sera d’intégrer deux réserves de biodiversité : projets de renaturation positive, projets locaux de compensation carbone, programme de démonstration, d’innovations scientifique et sociétale, et d’éducation écologique.  

Eau : La sobriété des consommations en eau et le partage de ses usages est une thématique centrale du programme, partagée par l’ensemble des parties prenantes. Elle est au centre des débats sociétaux et économiques sur l’adaptation des stations de ski au changement climatique, notamment vis-à-vis de la production de neige. L’objectif sera d’activer tous les leviers de la sobriété pour l’aménagement des pistes, notamment en minimisant les besoins de défrichement et de terrassement, en limitant à la stricte nécessité les prélèvements en eau et en adaptant de manière raisonnée les réseaux de production de neige. Ces mesures seront appuyées par un suivi quantitatif et quantitatif de la ressource en eau, par la digitalisation des systèmes de prélèvements et la réalisation d’études prévisionnelles type Climsnow et Clim’eau. 

La cinquième ambition entend mobiliser l’économie circulaire pour faire des Jeux Olympiques et Paralympiques un moteur de développement durable local.  

La stratégie d’économie circulaire visera à la mobilisation du tissu économique local. L’utilisation de matériaux de réemploi, le déploiement d’une stratégie d’achats responsables, l’application d’une charte de chantier propre dans l’optique du zéro déchet sauvage montagne notamment, la réduction et valorisation des déchets de chantiers et le recours aux savoir-faire locaux seront les facteurs clefs de réussite pour le déploiement de démarche d’économie circulaire.